La Croix-en-Touraine

Commune du canton de Bléré, arrondissement de Tours.

Gentilé : Crucifixiens, Crucifixiennes (prononcé `Crucificien')

 

Le nom de La Croix en Touraine :

· Sanctus Quintinus ante Blireium 1035 (ChronComtesAnjou).

· Crux de Blereio, villa de Cruce de Blereio 1250 (ChartMarmoutier).

· Sanctus Quintinus de Pratis 1290 (PouilléTours, p. 5).

· la Croix de Bléré 1348-1389 (CartArchevTours, n° 179).

· la Croez de Bléré 1370 (aveu de Marie de Maillé : DIL 4, 4-6).

· la Croiz de Bléré s.d. [XIVe s.] (CartArchevTours, n° 202).

· La Croix-en-Touraine par décret du 14 février 1938.

· Nom révolutionnaire : Pont-de-Bléré.


Carte de CASSINI   (1718)
Carte de CASSINI (1718)

D'azur à la croix de Malte d'argent, au chef du même chargé de trois merlettes de sable

 

 



Histoire

Du latin Cruce « croix ». Le nom actuel, La Croix, n'apparaît dans les textes qu'à partir du XIVème siècle. Ce fut très certainement une croix marquant le carrefour entre deux itinéraires importants : la voie Tours - Bourges (ancienne voie romaine) et le chemin secondaire Bléré - Amboise. Une croix peut avoir été érigée pour marquer la présence de l'église Saint-Quentin, établie à quelque distance du bourg. La plupart des toponymes « Croix » ou « La Croix » maintiennent cette ambiguïté sémantique : les carrefours étant pour la plupart signalés par une croix, il est difficile de distinguer la croix de carrefour du symbole chrétien (Gendron 2006 : 63).

 

Situé à son origine autour de l’église, d’abord simple chapelle de halte sur le chemin de Saint-Jacques-de-Compostelle, le village aurait été fondé lors de la colonisation romaine, par un certain Quintinus qui lui a donné son nom, « Quintini ».

En 1218, Symon Baudry et sa femme Isabelle cèdent aux religieuses de Moncé toutes les dîmes qu'ils possèdent dans la paroisse de Saint-Quentin-des-Prés, aujourd'hui La Croix-en-Touraine (AD 37 : H 800).

Au XIIème siècle, dans le petit bourg, se dressait une tour à feu que l’on allumait pour signaler aux populations que l’ennemi approchait. Quintini possédait son château fort, mais perdit son prestige au profit de Bléré, aux environs de 1325, après la destruction du château.

Au fil des temps, le village devint Sanctus-Quintini-de-Prato (Saint-Quentin-des-Prés), puis Sain-Quintinus-anté-Blérium (Saint-Quentin-avant-Bléré). La Croix-en-Touraine porte au XIème siècle et jusque vers 1250 le nom de Saint-Quentin-près-Bléré ; l'église paroissiale en garde le vocable avant que n’apparaissent le nom de Crux-de-Bleireio au XIIIème siècle et La Croez-de-Bléré.

Au XIVème siècle, La Croix n'était qu'un simple hébergement. Par la suite, elle devint une châtellenie, puis une baronnie, sans que l'on sache comment ce dernier titre lui est venu. Elle relevait de l'archevêché de Tours, à foi et hommage lige et soixante sols à muance de seigneur.

Guillaume de Sainte-Maure, vivant en 1250, est le premier seigneur connu, Il mourut en 1269, laissant plusieurs enfants de son mariage avec Jeanne de Rançon.

Le fief de La Croix était passé dans la maison de Maillé. Marie de Maillé, veuve de Péan de Maillé, seigneur de Bléré, et dame de La Croix-de-Bléré, épousa Geoffroy II de la Haye, baron de la Haye, seigneur de Neuilly-le-Noble, Mouzay, etc. De ce mariage naquit une fille unique, Isabelle, femme de Pierre de Marmende, baron de la Haye, seigneur du Faye-la-Vineuse et de la Roche-Clermault.

   En 1370, Marie de Maillé rendit hommage à l'archevêque de Tours pour sa terre de La Croix.

 

II   Pierre Bérard, chevalier, maitre d'hôtel du roi, devint Propriétaire de La Croix-de-Bléré vers 1446. Le 8 janvier 1473, il rendit aveu pour ce domaine à l'archevêque de Tours. De son mariage avec Jeanne Chérité, il eut quatre enfants :

  • 1-  Jean, seigneur de Chissé, du Val-d'Orquaire, Borgne-Savary, etc.;
  • 2 - François, qui suit;
  • 3 - Jeanne, mariée à Philippe des Essarts, seigneur de Thieux, capitaine de Montils-les-Tours;
  • 4 - Martine, qui épousa, en 1473, Pierre Marques, Écuyer, seigneur de Saint-Martin-le-Beau, Fonbesches, des Oudes et du Coudray.

III   François Bérard, premier du nom, chambellan du roi, seigneur de La Croix, de Bléré et de Chissé (1500), épousa Charlotte de la Haye, dont il eut deux enfants :

  • 1 - Jacques, qui suit;
  • 2 - Jeanne, femme de Charles le Breton, Écuyer, seigneur de Chanteaux el de la Fougereuse.

IV   Jacques Bérard, chevalier seigneur de La Croix, des Roches-Saint-Georges, de Bléré et de Grateloup (1540), eut deux fils de son mariage avec Madeleine Chasteigner, fille de Guy Chasteigner, seigneur de la Rocheposay, et de Madeleine du Puy :

  • 1 - François, seigneur de Bléré, marié à Anne de Ronsard;
  • 2 - René, qui suit.

   René Bérard, chevalier, seigneur de La Croix et de Millerieux, rendit hommage pour ce dernier fief le 26 mars 1577. Il épousa Isabeau Richome, fille da Jean Richome, Écuyer, seigneur de la Goberie et d'Isabeau de Sainte-Marthe. De ce mariage il eut, entre autres enfants : 

  • 1 - Claude, baron de La Croix-de-Bléré, lieutenant-colonel du régiment de Normandie, qui mourut eu 1622, laissant cinq enfants de son mariage avec Claude Baguier, fille de François Baguier, baron de Migennes, maitre d'hôtel de la reine et lieutenant de la vénerie du roi, et de Marguerite de Sercilly :
  • 2 - François, qui suit ;
  • 3 - René-Joseph, prieur de Chartrenay ;
  • 4 - Claude, baron de Migennes, lieutenant du roi à Sedan ;
  • 5 - Perronnelle, mariée, en premières noces, à Jean du Pré, écuyer, et en secondes noces, à René d'Escambleau, marquis de Sourdis ;
  • 6 - Isabeau.

VI  François Bérard, chevalier, baron de La Croix-de-Bléré et de Migennes, lieutenant-colonel du régiment de Normandie, épousa : 1° Claudine de la Borde; 2° Claude de Rigné, veuve de joseph de Faverolles, baron de Bléré, et fille de Jacques de Rigné, seigneur de la Guérinière. Du premier lit il eut Claude Bérard, baron de La Croix et de la Goberie, vivant en 1670.

 

 Étienne Guillerault, seigneur de Bléré, de Rosnay, de Fossembault, etc. acheta, au prix de 30.100 livres, la terre de La Croix-de-Bléré, saisie sur François Bérard et vendue, par décret des requêtes du Palais, le 16 juillet 1678. Il mourut en 1691. De son mariage avec Marguerite Gobin, il eut: :

  • Étienne-Jacques Guillerault, conseiller au Parlement de Paris, seigneur de La Croix-de-Bléré, de Rosnay, etc., décédé vers 1720.

VII   La famille Lorin en hérita en 1720, et la commune affiche une certaine fierté d’avoir toujours en ses murs leurs descendants, les familles d’Argent de Deux Fontaines et de Sade (du fameux marquis).

VIII   Jean-Baptiste Lorin de Blancmaison, avocat au Parlement, seigneur de La Croix, eut deux enfants :

  • Étienne-Jean-Baptiste Lorin, qui suit,
  • Jacques Lorin de Bray, né en 1712.

IX    Étienne-Jean-Baptiste Lorin de La Croix, avocat au Parlement et au siège présidial de Tours, mourut en 1763 et fut inhumé dans l'église de La Croix. Il avait épousé Henriette-Bernard Cormier de la Pinardière, dont il eut :

  • Étienne-Jean-Baptiste Lorin, seigneur de La Croix et de Bray, né en 1782 et décédé en 1817, laissant deux enfants de son mariage avec Adélaïde Souchon de Soustour :
    • 1 - Jacques-Étienne Lorin, né le 3 mai 1786, mort le 20 février 1844 ;
    • 2 - Jules- Armand Lorin né en 1194, décédé le 10 août 1840 ;
    • 2 - Émilie-Henriette Lorin ;
    • 3 - Une autre fille, mariée à N. Gelait de Clérambault.

La commune appartient ensuite à la maison de Maillé.


Un autre fief appelé Le Grand Hôtel de la Croix existe également dans le bourg. Plusieurs châteaux ou demeures dignes d'intérêt ont été construits sur le commune :

· Le château de la Herserie,

· Le château de la Gaillardière,

· Le château de Paradis, (au Nord du territoire communal).

· Le château de la Croix

· Les vieux logis de la Chauvinière et de Lauconnière.


Au début du 20ème siècle, Camille Jamin ouvre un musée de curiosités aujourd'hui disparu et prend le surnom de Robinson-Mille-Mottes. Des cartes postales de l'époque montrent ce musée et son créateur.

En 1933, invitée à choisir un complément du nom, la municipalité de La Croix propose «La Croix-Robinson» pour rendre hommage au musée de Camille Jamin, «Robinson-Mille-Mottes». La proposition sera refusée, le motif étant jugé trop «spécieux» (Gendron 1998: 106-107).


Saint Quentin
Saint Quentin
La Herserie
La Herserie
Chateau de Paradis
Chateau de Paradis

La Gaillardière
La Gaillardière
La Tuilerie
La Tuilerie